Être un bon leader n’est pas de cracher sur les autres

Je soupais avec mes collègues actuels (que j’adore). Puis on en est venus à raconter des anecdotes concernant d’anciens emplois. Plus spécifiquement, des contextes où on a eu du mal avec nos supérieurs. Pas parce qu’on aime pas être “leadé”, mais parce qu’on préfère être respecté. En tout temps. 

Je me suis rappelé un contexte, il y a plusieurs années, où une superviseure faisait peur à tout le monde. Le genre de personne qui, au lieu de dire bonjour au prochain client criait SUIVANT, et le répétait jusqu’à ce que le client réalise que c’était à lui qu’elle parlait. Elle ne souriait presque jamais, lorsqu’elle le faisait, c’était épeurant, tellement c’était rare. Elle donnait des ordres en tout temps, ne disait pas merci et nous faisait sentir comme des robots. Pas top sympathique.

Inutile de dire qu’elle n’était pas la préférée dans l’équipe. Personne n’était enthousiaste à l’idée de travailler en même temps qu’elle. Et pourtant. J’imagine que dans sa tête et celle de mon employeur de l’époque, c’était ça, être une bonne leader; inspirer la peur pour se faire écouter.

Je dis souvent que quand ça va bien, faut en parler. Pas juste quand y’a des problèmes. Et en ce moment, je fais partie d’une des meilleures équipes de travail au monde. Tous les employés (Partenaires, comme on s’appelle à l’interne) sont respectueux, compréhensifs, toujours volontaires pour aider. Même les nouveaux sont super motivés, intéressés et ont déjà un excellent bagage de connaissances. Je suis impressionnée, inspirée et ravie. 

Jonathan Roberge a publié un article sur Urbania hier. Il y parle d’un épisode de sa vie où ça allait pas ben, mettons. C’est un super beau geste d’en parler. Il n’y aurait pas eu autant de partages si ça ne touchait personne. C’est presque troublant.

Je constate l’importance chaque jour de prendre soin de soi sur plein de niveaux, mais surtout pendant ton temps plein. Sur ce, take care, le lecteur.

Le dernier métro

Avec mon métier qui implique souvent des horaires matinaux, voire nocturnes (Se lever à 4AM, je trouve ça nocturne), ça ne me rend pas les sorties tardives faciles.

Or, vu que mon horaire a switché au shift de soir, je suis sortie vendredi prendre un verre et je suis revenue chez moi de justesse avec la dernière rame de métro, à minuit cinquante et une.

La crowd est assez spéciale; des gens qui ont fini leur quart de travail, d’autres qui bougent vers un autre endroit ou boire, et les fêtards qui se foutent de tout. Ces derniers sont fascinants à observer. Ils peuvent donner un aperçu de ce que serait une société sans loi, sans autorité et sans gros bon sens commun.

Ça sentait le pot dans le wagon. Ça buvait des canettes de bière ouvertement, même pas élégamment dissimulées dans un sac en papier, non. À cette heure, doublé du niveau d’alcool dans leur sang, tout est permis. Ils ont du fun, mais il suffit d’un commentaire un peu déplacé pour que ça tourne au vinaigre tsé. 

Rien n’est arrivé, mais ça m’a comme rappelé que c’pour ça que j’aime pas trop sortir tard le soir. Les dangers de la faune montréalaise.

Bonnes manières et autres trucs superflus

En file au Provigo.

Il fait beau dehors. Y’a environ deux personnes en attente par caisse, et quatre personnes à la caisse rapide. Tout le monde a environ 10-12 items, juste pour gosser, mais aux autres caisses ça a l’air pire. Oh well, je vais quand même à la “rapide”. 

Après m’être installée en file (Oui, installée, parce que ça avancait pas fort), un jeune homme avec une douzaine de jus Oasis dans un carton pose sa caisse à deux mètres, de façon à garder sa place, mais à ne pas devoir tester l’endurance de ses biceps.

Une dame vient attendre derrière moi. 

- I’m there.

Le gars lui fait savoir froidement qu’il garde sa place à distance. La dame a l’air un peu étourdi. Soit elle feint ne pas comprendre, soit elle ne comprend vraiment pas.

- You’re not there…

Le gars pogne les nerfs. Acheter la caisse de jus n’est visiblement pas un service qui lui fait plaisir de rendre. Il justifie le fait qu’il attend à côté parce que sa caisse est lourde. La dame ne comprend toujours pas qu’il la dépasse à l’instant. Il continue à ruminer son contexte à voix haute et voyant que la dame continue à marmonner sans acquiescer, il répond, et je cite:

- Shut the fuck up.

Je ne peux pas m’empêcher de me retourner. 

- You can’t say that to a lady, man…

Et il me répond qu’il s’en fout. Sa caisse est lourde. Il peut pas la poser en ligne. Etc. Etc.

Y’a rien à faire avec quelqu’un de mauvaise humeur.

*

J’arrive à ma job et ma collègue me raconte qu’une cliente lui a dit un truc du genre :

- You just ruined my coffee experience

Ne lui donnant aucun autre choix que de dealer avec sa mauvaise humeur, malgré toute la bonne volonté légendaire que ma collègue peut avoir. Une histoire d’indisponibilité de crème sans lactose qui vire mal. Ehla.

*

J’accepte de dealer avec les clients qui ont raison. Ça blesserait leur orgueil de faire autrement. Néanmoins, dire “shut the fuck up”, ça se dit pas. L’autre personne est un humain aussi. Et puis dire que ton expérience de café a été ruinée par quelqu’un à cause d’un malentendu, c’est un peu too much. Calmez-vous donc les nerfs. 

Chronique d’intérieur

Il y a de ces journées où il est moins déprimant de rester chez soi que de sortir affronter la température hivernale. Ces jours-là, il faut faire du lavage, ou au moins ranger quelques affaires. Ça calme l’esprit et enlève surtout l’impression de n’avoir rien fait de sa journée.

"J’ai lavé les serviettes et linges à vaisselle de l’appart? YES. Je peux maintenant faire une grosse sieste sale puis flâner sur mon lit à jouer quelques tounes easy à la bass. "

Mais là, ça fait un moment que je fais face à un gros #firstworldproblem. La sécheuse de l’étage en dessous laisse le linge humide après son cycle de 55 minutes. J’en ai parlé à la gérante de l’immeuble y’a quelques semaines pis ça s’est pas réglé… Pis chu gênée d’aller lui en reparler, parce que tsé, y’a 3-4 autres sécheuses dans la tour; j’ai juste à descendre quelques étages plus bas.

Résultat: mes serviettes sont réparties un peu partout dans l’appartement. Et, malgré le -3 qui règne dehors, j’ai entrouvert deux fenêtres pour faire circuler l’air. Ça sent “Pluie des montagnes”, le parfum laissé par le détergent à lessive. 

La pluie des montagnes, ça donne un environnement nice, malgré la sloche qui manque d’empathie (Si elle était pourvue d’empathie, elle foutrait le camp). J’essaie donc d’ignorer le contenu visuel des fenêtres et d’en garder la lumière. Et je m’apprête à cuisiner des meringues. 

Morale: Quand y’a une température de merde dehors, faut se concentrer sur ce qu’il y a de bon.

P.S. J’ai eu une promotion au poste d’assistante-gérante. Je suis contente. (C’est une sorte d’euphémisme pour éviter les points d’exclamation)

8000 jours

Le chargé de cours de l’atelier d’écriture populaire a demandé à la classe qui tenait un blogue. Je suis la seule à avoir levé la main. 

*

J’ai eu 8000 jours il y a plus de deux ans. Et 24 ans le weekend dernier, aussi.

Même si les gens arrêtent pas de me dire que je suis encore jeune, 8000, c’est beaucoup de vécu, quand on regarde ça. C’est beaucoup de mots prononcés et écrits, de joies, de peines, de rencontres, de bonnes nouvelles, ou moins bonnes. Mais surtout beaucoup de mots. 

Quand on a la prétention de dire qu’on écrit et qu’on souhaite faire quelque chose de sérieux avec ça, il me semble, qu’en 2014, on devrait avoir un blogue. Être prêt à recevoir la critique, vivre l’expérience d’avoir un lectorat autre que son partenaire de vie. Quelqu’un d’autre que ton chat qui t’écoute.

8000 and counting

Un jour de plus ou de moins ne changera pas le monde, mais si tu ne travailles pas à atteindre tes rêves, tu perds tes journées. J’ai remarqué que malgré mon jeune âge, j’ai de jolies expériences sur mon CV, je suis capable de beaucoup de choses, dont écrire, et puis j’ai des connaissances auxquelles les gens font appel. C’est flatteur, quand on y pense. 

C’est nice parce que j’ai l’impression de ne pas avoir perdu mon temps. Les offres fusent de toutes parts ces jours-ci et je suis comme prête à gérer ça. C’est beau, c’est l’fun, pis c’est valorisant. #yay

Investir son temps

Je prenais un verre avec quelqu’un dernièrement quand on en est venus à ce constat: il faut faire ce qu’on aime, sinon on perd un peu son temps.

ZONE DE CONFORT

Il y a les routines trop confortables. Celles qui ne feront pas de nous quelqu’un de meilleur, celles qui ne nous font travailler sur aucune aptitude. On devient certainement meilleur à faire ce qu’on fait à temps plein, mais qu’en est-il du reste? Qu’est-ce qu’on fera de ces habiletés dans un autre emploi? Une fois retraité? 

S’ÉPANOUIR

C’est beau être confortable de 9 à 5, mais qu’en est-il de l’épanouissement personnel? Du sentiment de réalisation? Ce ne sont pas tous les emplois qui peuvent offrir des récompenses du point de vue personnel (oublions le financier un instant). En tant qu’humain, on a besoin de travailler et d’être récompensé, par une tape dans l’dos, un sentiment vivifiant qu’on est utile, ou qu’on devient meilleur, et que c’est apprécié. Tsé.

L’ART

Et l’art dans tout ça? Développer ses skills de peintre, dessinateur, auteur, ça se fait pas en claquant des doigts. C’est un travail ardu, constant, quotidien. C’est foncer dans des murs, endurcir sa tête, puis briser des murs. 

*

Lorsque je serai plus vieille, je veux être une personne intéressante. J’aimerais pouvoir dire que j’ai déjà maitrisé la bass, que j’écrivais tous les jours pendant des années, que j’ai rencontré des gens passionnants, notamment en dehors du travail. 

Je vais donc travailler là-dessus. En plus de bien faire mon temps plein au boulot, parce que bien que ça permette de payer mon loyer, je vois aussi ça comme quelque chose de passionnant. Si on ne se donne pas au maximum pendant l’essentiel de notre semaine, si on agit comme un robot, tout juste fonctionnellement sans se forcer, ça ne fera pas ma fierté plus tard. 

C’est mon constat.

Full de luv pour ceux qui feront pareil et qui me soutiendront. :)

2 ans de constats

C’est ma fête bientôt. Ma mère a hâte plus que moi, parce qu’elle a trouvé mes cadeaux. Je n’ai pas encore trouvé de suggestion qui vaille. 

J’ai reçu ce petit courriel de Tumblr qui me souhaite un joyeux deux ans d’existence, avec un e-cupcake jaune coiffé de chandelles.

Au moment où j’écris ceci, je suis assise par terre dans ma chambre. Pour écrire des constats, j’avais l’habitude de m’installer dans mon lit. Ça fonctionnait bien. Pour écrire d’autre chose, j’aimais aller dans un café, mais rarement plus d’une fois au même endroit; créer une habitude éteint mon cerveau. 

Aujourd’hui, avec le café à temps plein et les notes à temps partiel, je trouve peu de temps pour écrire des constats et j’ai envie d’écrire autre chose. C’est pourquoi j’ai récemment commencé un nouveau blogue, mes fictions

C’est facile de parler de ce qui nous arrive, ça l’est moins quand on utilise notre créativité pour aider le propos. Alors j’essaie des affaires. 

À mon anniversaire (celui de ma naissance), je m’attends à des surprises plus que d’autre chose. Écrire, j’ai cru remarquer, ça aide les autres à nous connaître. Alors je fais confiance à ma mère qui me lit pour m’offrir les meilleurs cadeaux.

Cela dit, si vous avez un cupcake à m’offrir, je suis preneuse.

Je ne m’appelle pas Charlotte

Ça finit par “tte” aussi, donc on va laisser un bénéfice qui n’est pas celui du doute, mais des “vapes”. Le bénéfice des vapes. Ouais. 

***

J’avais reçu via des sondages anonymes des façons d’améliorer notre service à la clientèle. “Soyez plus assidus avec les noms sur les verres” revenait et, my bad, ces derniers temps avec le peu d’achalandage qu’il y avait eu au magasin, j’avais un peu négligé ça. Quel plaisir c’est, pourtant, d’avoir son prénom sur notre boisson..! (TK MOI ÇA ME FAIT PLAISIR)

Alors ce matin-là, je fais de mon mieux. Trois amis arrivent avec des suits d’hiver one-piece avec des commanditaires; ça doit être un événement dans le McGill ghetto.

-Tall Mocha Frappuccino Light.

Je demande amicalement le prénom de cette jeune fille qui ne me regarde pas trop. Elle dévisage lentement l’environnement autour d’elle. 

-I’m the only one here. 

Ses amis rient.

Souvent, pour justifier le fait qu’on demande le prénom des clients, certains vont dire “c’est pour qu’il n’y ait pas de confusion lorsqu’on vous donne les boissons”, c’est une raison parmi d’autres, mais cette cliente n’avait visiblement retenu que celle-là.

J’ai pris sur moi-même. Avec un gros sourire.

- Hey, I still wanna get to know your name! :)
- Charlotte

Désagréable. Elle déconnait avec ses amis en les dévisageant eux aussi. J’en ai entendu une dire “What’s wrong with you?”. Elle était désagréable avec eux aussi.

***

Quelqu’un m’a montré de l’intérêt sur un site de rencontres. Après 2-3 messages échangés, il m’écrit en pleine nuit pour faire suite à l’un des miens. Il me souhaite “Bonne journée Charlotte”

Le bénéfice des vapes n’a pas flotté en sa faveur.

Métro et comportements anormaux

Ce n’est pas inné, de se comporter selon les normes, cette série de non-dits qui forment l’étiquette du métro. 

Je revenais de m’acheter un pain Naan (La seule raison pourquoi j’allais au IGA) et je vois le métro, déjà arrivé. Je ne me presse pas. Ça sert à rien de courir quand personne ne m’attend. Quatre minutes de plus ou de moins chez moi, fait pas grand chose, tsé.

Visiblement, la personne derrière moi avait quelqu’un qui l’attendait, parce que j’ai entendu un “On avance mademoiselle” dans la foulée avec deux mains qui m’ont pris par la taille pour me tasser du chemin. Emmitouflée dans mes 14 épaisseurs, ça m’a vraiment fait rire. Ça s’fait pas vraiment, tasser quelqu’un en le prenant par la taille, mais oh well. Ça se passe vite, on voit rien aller. J’vais tu lui courir après? J’pense pas.

Je suis debout à côté d’une dame assise. Elle me demande, avec un accent indéchiffrable:

- Connaissez-vous Saint-Antoine?

J’avais envie de lui répondre “Hm, pas personnellement, pourquoi?”, mais je me doutais bien qu’il s’agissait de la rue Saint-Antoine. J’ai donné quelques indications à la dame, qui partageait les infos avec celle qui l’accompagnait. Elles savaient à quelle station elles allaient, mais voulaient une confirmation d’une local, j’imagine. 

Demander conseil, ça m’a souvent permis d’entrer en contact avec des gens intéressant. Certains sont restés mes amis depuis des années. C’est anormal de poser des questions à une inconnue, mais ça aurait pu occasionner une belle rencontre. Ça aurait pu.

C’est du service à la clientèle. Pas du flirt.

Journée de fou. Un genre de vendredi où tu souhaitais pas vraiment travailler de 5h30 à 15h mais tu tiens bon. 

Je me suis donné à mon 100%. J’ai partagé toute l’énergie que j’avais, on dansait quand y’avait pas de clients, je n’ai laissé personne partir avec la mine basse.

Un client avait l’air s’être perdu. 

Il m’a en effet confirmé qu’il s’en allait au Tim Hortons, mais qu’il souhaitait avoir un meilleur café, pour une fois. Et avec Starbucks à côté, ça lui tentait d’essayer. Je l’ai remercié et ai fait en sorte qu’il ait une expérience Starbucks complète: je lui ai posé mille questions pour qu’il ait une boisson parfaite et à son goût. Et je lui ai demandé son prénom, pour le gobelet. ERREUR.

- Yves, veux-tu savoir mon numéro de téléphone aussi?
- Non, ça fait pas partie des standards, ça, que je lui réponds d’un faux sourire. 

Et il jase. Jase à propos de comment le compétiteur offre un café moyen, qui fait la job, mais que Starbucks, tsé, STARBUCKS [insérez les belles choses qui traversent votre imaginaire en ce moment].

Ma collègue lui donne sa boisson, quand il fait une remarque au sujet de mon nom, écrit sur mon tablier. 

- Juliette? Tu t’appelles Juliette?
- Ouais…
- Hey moi mon deuxième nom c’est Roméo.

C’est pour ça que je travaille pas chez Tim Hortons.